FIV DO : phénotype de la donneuse

Nous sommes dans notre dernière ligne droite pour notre choix de clinique.
Demain, nous irons à l’assemblée générale de Maia, notre rencontre avec les cliniques partenaires devraient parfaire notre choix final et répondrez à nos dernières questions.

Notre choix est bientôt fait, mes pensées se tournent donc vers l’après, car j’ai besoin d’avoir un objectif pour continuer, pour ne pas m’effondrer.

Donc, la réflexion qui arrive est : le phénotype de la donneuse est-il important ?

Toutes les cliniques nous confirment que la sélection de la donneuse correspondra à mon phénotype, pourquoi ?
À ce que j’ai compris dans mes premières recherches sur la transmission génétique, je sais que je ne pourrais pas transmettre mes caractéristiques physiques, notre enfant ne recevra rien au niveau physique de moi. Alors pourquoi vouloir faire en sorte qu’il me ressemble le plus possible ?

Au contraire, je pense préférer que notre enfant ne me ressemble pas physiquement, je lui transmettrais beaucoup d’autres choses. Pourquoi ce refus ?
– pas envie d’entendre les phrases types : « portrait craché de sa maman », où, « les beaux yeux verts de sa maman »….

Le fait de vouloir une donneuse avec le même phénotype n’a-t-il pas pour but de masquer à notre entourage le fait d’être passés par un magnifique don ?
J’ai le sentiment que ce sujet de phénotype alimente le silence, la honte, des couples autour de la PMA.
Alors, non, je ne souhaite pas que notre fée ai le même phénotype que moi. Mon enfant n’aura jamais mes beaux yeux verts, mon petit nez en trompette, mes cheveux roux.

Mais puis-je choisir ? Puis-je demander à la clinique que la donneuse n’ai pas mon phénotype ?
Cela me gêne également, j’aurais l’impression d’orienter le physique futur de mon enfant.
Et là, une petite voix à l’intérieur de moi, tout au fond, me dit que mon refus de phénotype identique vient peut-être d’une raison moins glorieuse : je n’aime pas mon physique !
J’ai souffert dans mon enfance de ma couleur de cheveux (aujourd’hui, j’en suis fière), et donc, ne serais-je pas en train d’essayer d’éviter cette éventuelle souffrance à mon enfant ?

Le plus simple serait alors de ne pas connaître le phénotype de la donneuse ?
Mais quand notre enfant sera grand, quand il se posera des questions sur son passé, nous voulons lui donner toutes les infos qu’on aura, et donc lui dire à quoi ressemblait physiquement la gentille fée !

Que de questions !

Et vous, si vous deviez passer par un don (ovocyte ou sperme), la ressemblance physique de la donneuse ou du donneur est-elle importante ?

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20 réflexions sur “FIV DO : phénotype de la donneuse

  1. madamepimpin 9 juin 2013 à 15 h 39 min Reply

    Vaste sujet, tout aussi vaste que l’étendue des réponses possibles. Je me suis déjà posé la question (ma grande hantise : qu’on me découvre IO dans quelques années… Donc forcément j’y pense, au don). Ce que j’en pense (c’est seulement mon point de vue) c’est que la ressemblance physique facilite peut-être les choses, mais qu’il ne faut pas faire du don un tabou, même vis à vis de l’entourage. Pour les gens moins proches, ressemblance ou pas, ils ne se posent pas forcément la question. Combien d’enfants issus des gênes de leurs deux parents ne ressemble qu’à l’un des deux, ou même aucun… Je pense aussi qu’il est important que l’enfant connaisse son histoire (la maman d’Irouwen en parle très joliment dans son témoignage sur BAMP). Et après tout dans le cas d’une adoption, on ne choisit pas et on n’a pas forcément la même couleur de peau et peu importe. Ca n’empêche pas un immense amour filial. Je pense qu’il n’y a pas de solution meilleure ou pire, à chacun de gérer comme il le peut, comme il le veut… Mais je crois que moi si je devais le faire, et si j’avais le choix, je préférerais une donneuse qui me ressemble un peu. Des bisous Marinette, bon courage pour ce cheminement.

    • marinette1974 9 juin 2013 à 17 h 31 min Reply

      Merci pour ton avis Mme Pimpin.
      Il y a un aspect que j’ai oublié dans ma réflexion : le sentiment de l’enfant. Peut-être que lui où elle voudra ressembler à sa mère ?
      Savoir que c’est le médecin de la clinique qui jugera d’après une photo si la donneuse me ressemble assez ou non, me gêne un peu, mais, au fond : notre fée sera exceptionnelle, j’en suis sûre 😉

  2. titpouce 9 juin 2013 à 20 h 28 min Reply

    Pour notre part, nous voulons qu’il ait le même phénotype que Loulou. Il n’y a aucune honte ou volonté de cacher quoi que ce soit pour nous. J’aurais rêvé que mon enfant ait les beaux yeux bleus de son papa, et ses fossettes quand il sourit, ses mains toutes jolies et toutes fines…bref ! Si on avait un enfant venant de nos gamètes, il lui ressemblerait aussi, un minimum quoi.

    Avec le don, l’enfant qui naîtra sera le fruit de notre amour à tous les deux, cela nous semble donc logique et important qu’il nous ressemble à tous les deux. Il y a aussi une autre raison, celle de l’épanouissement de notre enfant, pour qui ça peut devenir un problème de ne pas ressembler du tout à son papa. Un de mes frères ne ressemble pas du tout à mes parents, et ça a été un vrai problème d’intégration et d’épanouissement pour lui. Avec en plus l’entourage qui était loin d’être délicat…. . Pour l’avoir vu en souffrir, je ne veux pas qu’il en soit de même pour mon enfant.

    J’espère ne pas m’être trop emmêlée les pinceaux, c’est vrai que c’est un sujet délicat, on ne sait pas toujours comment mettre des mots sur des décisions telles que le phénotype du donneur / donneuse.

    Gros bisous

    • marinette1974 10 juin 2013 à 6 h 36 min Reply

      Merci de ton retour.
      La preuve encore que la blogosphère est importante. Dans ma réflexion, j’avais complètement zappé le ressenti que pourrai avoir notre enfant.
      Qu’il me ressemble ou pas, cet enfant sera notre enfant et sera magnifique 😉
      De toute façon, nous n’avons pas le choix, seule la clinique pourra juger si une fée peut nous convenir ou pas.

  3. Marred'attendre 10 juin 2013 à 8 h 10 min Reply

    Je pense aussi à l’enfant et, même s’il ne me ressemblera pas, il peut se sentir rassuré par le fait de s’inscrire dans le « phénotype » familial et de pouvoir jouer – en partie – au jeu des ressemblances. Un trop écart physique par rapport à la mère le renverrait peut-être plus largement à sa différence quand il se comparerait aux enfants des autres familles, même si la question de sa conception n’est pas taboue et est inscrite dans son histoire.
    Pour autant, il ne faut pas trop s’axer non plus sur le phénotype et se torturer avec ça (quelle est ma nuance de châtain ? de marron ? de roux ? de blond ?) car la génétique peut réserver des surprises.

    • marinette1974 10 juin 2013 à 21 h 32 min Reply

      Merci de ta réponse.
      Je suis d’accord à 100% avec toi. Le plus important est le bien être de l’enfant.
      Toutes ses questions que je me posent m’aident à accepter le don.

  4. irouwen 10 juin 2013 à 13 h 42 min Reply

    La possibilité qui s’était posée à nous dans une clinique de pouvoir nous même choisir telle ou telle donneuse (pas sur photo) mais à partir d’éléments donnés (couleur des cheveux, des yeux, taille, poids, niveau d’étude,etc) m’avait beaucoup angoissée.
    Je trouvais ce possible choix, celle-ci ou celle-là, terriblement difficile à faire.
    Impossible pour moi, nous sommes donc allés vers une clinique qui tenait compte de mon phénotype (européenne, cheveux brun, yeux bleu, taille, groupe sanguin), cela me paraissait plus simple de ne pas avoir à choisir.
    Certaines cliniques te demande de leur adresser une photo de ton couples d’autres te proposent de choisir (sur catalogue avec photos) un donneur ou une donneuse.
    Certaines personnes ont besoin de pouvoir faire ce choix, d’autres non.

    A toi, à vous de voir ce qui vous pose le moins de problème, ce qui vous parait le plus naturel, ce que vous souhaitez.

    • marinette1974 10 juin 2013 à 21 h 44 min Reply

      Nous nous sommes croisées dimanche. Nous sommes arrivés un peu en retard : à la fin de la présentation des cliniques. C’était moi la fille debout à tes côtés. Ensuite, nous avons été voir les cliniques, à notre retour, tu étais partie. Cela sera pour la prochaine rencontre BAMP.
      Concernant ton témoignage, je te comprend, je n’aurais pas pu choisir non plus la donneuse sur photo.
      Au début, j’étais plutôt pour ne donner aucun critère, mais pour l’enfant il faut pour son bien être qu’il y ai une petite ressemblance.
      Sans que cela soit un critère rédhibitoire, de toute façon la nature décide toute seule, avec la clinique.

  5. lisette84 10 juin 2013 à 17 h 25 min Reply

    Je crois que j’aimerais si don il y avait que la donneuse me ressemble un peu… Au moins la couleur des yeux et des cheveux et la taille. Parce que j’imagine que l’enfant le vivra mieux, n’aura pas toujours à s’expliquer de sa différence si elle est flagrante alors qu’il n’a peut être pas envie d’en parler… Je n’ai pas l’impression de trier, juste simplifier 🙂

    • marinette1974 10 juin 2013 à 22 h 02 min Reply

      C’est toujours difficile de savoir qu’on ne donnera pas nos gènes, mais que cela sera une belle fée qui le fera pour nous. Nous voulons forcément le meilleur pour notre enfant.
      Déléguer ce choix à la clinique qui comparera les caractéristiques de la donneuse aux miennes, c’est un peu difficile, mais on doit faire confiance.
      De toute façon, les fées sont toutes merveilleuses, et c’est l’image qu’on essaiera de communiquer à notre futur enfant.

  6. loLo 11 juin 2013 à 13 h 26 min Reply

    Bonjour, pour notre premier cycle de don, j’avais donné un phénotype correspondant à mes caractéristiques physiques, ce qui avait posé souci, ça a surtout été de trouver une donneuse correspondant à mon groupe sanguin (je suis AB+, groupe qui n’est pas courant) et également de trouver une donneuse qui soit grande et blonde (nous étions suivis en Espagne). Si je peux te donner un conseil, le phénotype n’a au bout du compte guère d’importance, par contre je te conseille de demander une donneuse à fertilité prouvée. Ça parait peut-être évident mais ce critère n’est pas forcément respecté (après ça dépend vers quelle clinique tu te diriges…).
    Tu ne donneras peut-être pas tes gênes, mais pendant la grossesse, tu transmettras des cellules via le placenta… et surtout tu transmettras tout ton amour, n’est-ce pas le plus important ?

    • marinette1974 11 juin 2013 à 20 h 10 min Reply

      Bonjour loLo,

      Ravie de faire ta connaissance, et merci pour ton commentaire.
      J’ai encore beaucoup de choses à accepter et comprendre sur ce nouveau chemin sur la route de Madrid. J’ai vu sur ton blog ton expérience madrilène, j’espère que la république tchèque te portera bonheur.

  7. Banane 11 juin 2013 à 16 h 23 min Reply

    J’ai l’impression qu’une fois la question du don intégrée, la ressemblance physique est accessoire.
    Ca me fait inévitablement penser à ma tante, qui a adopté 2 enfants, dont on lui disait souvent qu’ils lui ressemblaient (ce qui est vrai d’ailleurs). Il y a dans les attitudes beaucoup plus « d’acquis » que « d’inné ». Et l’identification ne dépend pas que de la ressemblance, même si du point de vue de l’entourage de l’enfant (je parle de leurs copains) ça doit être plus simple à intégrer. Bref, vaste question… 🙂
    Pour répondre à la question initiale, pour moi ça ne compterait pas, mais pour l’enfant peut-être que je me dirais que c’est plus simple, de lui éviter des questions auxquelles il n’aura peut-être pas envie de répondre. Mais bon, c’est un peu « chercher la petite bête », parce que les lois de la génétique sont parfois impénétrables et des parents bruns peuvent avoir un enfant biologique aux cheveux blonds.Tant que la donneuse n’a pas des origines diamétralement opposées à celle de la maman, le nombre de questions soulevées doit être mince.

    • marinette1974 11 juin 2013 à 20 h 23 min Reply

      Bonjour Banane,
      Bienvenue sur ce blog, ravie de faire ta connaissance.
      Tu as raison, je dois penser en priorité au ressenti de l’enfant : qu’elle sera sa réaction ? S’il est très différent de ses parents, comment le vivra-t-il ?
      Au fond de moi, j’aimerais qu’il soit le portrait craché de son père, m’as ça comme tu le dis, la génétique est une science de hasard dans bien des domaines.
      Toutes ces questions s’effaceront toutes seules le jour où enfin j’arriverai à tomber enceinte.

  8. Lily 12 juin 2013 à 9 h 18 min Reply

    Dans la clinique que j’ai choisie, on ne nous a pas demandé de photos. Nous avons juste rempli un formulaire dans lequel je précisais la couleur de ma peau, de mes cheveux et de mes yeux. Pour moi, il ne s’agit pas d’avoir honte de passer par un don. Mais il me semble que c’est plus facile pour l’enfant et les parents si la différence physique ne saute pas aux yeux. Ainsi, tu peux choisir à quelles personnes tu vas parler du don et à quel moment. Je pense qu’il doit être désagréable de devoir se « justifier » sans arrêt. Il ne faut pas non plus sous-estimer la malveillance des gens. Une amie de ma soeur a eu une petite fille biologique qui a les cheveux roux. Le papa est blond et la maman est châtain (avec des reflets roux qui ont mystérieusement disparu après l’accouchement). Tu ne peux pas imaginer le nombre de réflexions soupçonneuses qu’elle a entendues mettant en cause sa fidélité.
    J’avoue que ça m’inquiète un peu. Mais comme le montre mon exemple, même en choisissant le phénotype, rien n’assure que ma donneuse blonde ne transmettra pas les gênes d’un grand-père brun ténébreux ou roux…

  9. sophie 12 juin 2013 à 15 h 45 min Reply

    Bonjour à toutes
    La loi espagnole oblige les cliniques à rapprocher le phenotype de la donneuse et de la receveuse. Après, il ne faut idéaliser ces rapprochements. Pour eugin par exemple – et peut être pour d’autres – ils ont des pool de donneuses par phenotypes et selon leur niveau d’avancement dans le traitement et le niveau d’avancement des donneuses, elles les apparient. Je ne suis pas sure que ca aille plus loin que cela. Pas sure qu’ils regardent la forme du nez, du menton etc… Moi je m’imaginais etre comme à l’aeroport et attendre un taxi : tu peux en avoir un beau et grand, un moins beau etc 😉 beh c’est pareil à Eugin 😉
    Mais il y a obligation de deux critères identitques.
    En plus, le mystere de la genetique peut faire que les traits des grands parents reapparaissent ou arriere grand parents… Meme une grande peut donner un enfant de taille moyenne… donc on ne sait jamais bien ce que concretement cela donnera.
    Moi je souhaitais quand meme un peu de ressemblance, et pour moi et pour l’enfant. J’avais envie de m’y reconnaitre un peu. Et pour mon loulou, je n’avais pas envie qu’à chaque regard dans la glace, son physique le reinterpelle constamment quant au don. En fait, c’est le portrait craché du père de mon mari 😉 au point que ca en est bizarre : lorsque je regarde des photos de mon loustic tout petit et sans cheveux assis sur mes genoux par exemple, j’ai l’impression de tenir mon beau-père sur les genoux lol

  10. Kaellie 13 juin 2013 à 6 h 25 min Reply

    C’est une question très intéressante Marinette et je trouve les réponses enrichissantes.

    Comme les amis de Lili, mon petit frère est né carotte alors que mes parents sont bruns. Résultats, on leur a souvent demandé si c’était le fils du facteur…

    Au final, je me dis que même si on choisit au plus ressemblant, la génétique jouera de toutes façon son rôle de trouble-fête.

    Ceci dit, si je devais passer par le don (de sperme dans notre cas), j’aimerais que le donneur ressemble quand même à mon Geek car ce serait un moyen de lui dire que même s’il n’est pas issu de ses gamètes, cet enfant est bien de lui (je ne sais pas si c’est très clair). Et puis, les mimiques, les attitudes, c’est de l’acquis, il y a donc aussi cette forme de ressemblance.

    Il faudrait que j’approfondisse ma réflexion sur le sujet, je m’aperçois que je ne suis qu’au bord.

    Je t’embrasse !

  11. Jade 30 décembre 2013 à 1 h 26 min Reply

    J´aime beaucoup tes articles et ta façon de penser. Je suis infertile et je vais passer par un don d’ovocyte. Je suis africaine et mon mari aussi. Nous allons faire la FIV DO en République Tchèque et là bas, il n’y a que des blanche caucasienne. Donc moi aussi ça ne pose pas de problème la différence. Les gens penseront que j’ai trompé mon mari avec un blanc mais peu importe! J’adore le métissage. Et je l’aimerai tant ce petit!

  12. Marine 15 juin 2015 à 14 h 20 min Reply

    Bonjour

    Nous nous sommes inscrit pour faire un don d’ovocytes et un don de sperm pour mon conjoint.

    Mais vous parlez de cliniques « étrangères » ou en France aussi ils font avec le phénotype?

    • Marinette 16 juin 2015 à 21 h 45 min Reply

      Bonjour Marine,
      J’avoue ne pas connaître les critères des cecos en France, désolée de ne pas pouvoir répondre. Il faudrait demander au centre cecos.

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